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Méthode d’évaluation HAS V2027

Patient traceur

Évaluer la prise en charge d’un patient réel en croisant son vécu, les pratiques des professionnels et le dossier.

22critères
61éléments d’évaluation
6critères impératifs

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Claire et Pierre expliquent la méthode en questions et réponses. Idéal pour une pause, un trajet ou un temps d’équipe.

Le patient traceur en 5 minutes

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  1. ClaireBonjour et bienvenue dans les capsules Hospi-Academy. Aujourd’hui, on parle d’une méthode que beaucoup de soignants redoutent : le patient traceur. Pierre, tu es là pour nous l’expliquer simplement.

  2. PierreBonjour Claire. Et je vais commencer par rassurer tout le monde : le patient traceur, ce n’est ni un contrôle individuel, ni une recherche de faute.

  3. ClaireAlors c’est quoi, exactement ?

  4. PierreC’est une méthode qui évalue la qualité et la sécurité de la prise en charge à partir d’un patient réel. On échange avec le patient, puis on analyse sa prise en charge avec les professionnels qui l’accompagnent.

  5. ClaireDonc on part vraiment du vécu du patient.

  6. PierreExactement. Et on le croise avec trois autres sources : les pratiques décrites par l’équipe, les traces du dossier, et ce qu’on observe sur le terrain. L’analyse porte sur la prise en charge, les interfaces, la coordination, et la capacité de l’équipe à répondre aux besoins du patient.

  7. ClaireConcrètement, on cherche à obtenir quoi ?

  8. PierreQuatre choses. Recueillir le point de vue du patient sur ses soins, l’information reçue et le respect de ses droits. Vérifier, sur un cas réel, que les pratiques attendues par le référentiel sont bien mises en œuvre. Mettre en concordance le récit du patient, le dossier, les observations et les réponses des professionnels. Et enfin, identifier des points forts et des améliorations concrètes pour l’équipe.

  9. ClaireEt comment ça se déroule ? Par quoi on commence ?

  10. PierreIl y a six étapes. D’abord, on prépare et on choisit le patient. On définit le secteur et le profil recherché, et on sélectionne un patient dont la prise en charge permet d’explorer les enjeux du service. Si c’est requis, on vérifie l’accord du médecin référent.

  11. ClaireEt le patient, il a son mot à dire ?

  12. PierreBien sûr, c’est la deuxième étape. On lui présente l’objectif, le déroulement, la confidentialité, et on lui dit clairement qu’il peut refuser ou interrompre l’entretien. Puis on recueille son consentement, ou celui de son représentant habilité.

  13. ClaireEnsuite vient l’entretien avec le patient.

  14. PierreOui. On commence par son expérience globale, puis on explore uniquement les éléments d’évaluation qui concernent son profil. Deux règles d’or : on ne l’interroge pas sur ses connaissances du référentiel, et on ne lui suggère jamais les réponses.

  15. ClaireEt l’équipe, elle intervient quand ?

  16. PierreÀ la quatrième étape. On rencontre les professionnels impliqués, on consulte le dossier, et on vérifie les pratiques qui correspondent à ce même patient. Puis, cinquième étape, on croise tout : le récit du patient, le dossier, les observations et les explications de l’équipe. On cherche une concordance suffisante pour répondre à chaque élément d’évaluation.

  17. ClaireEt pour finir ?

  18. PierreOn cote, et on restitue. La cotation se fait à partir des faits recueillis, avec un constat objectif. On valorise les points forts, et quand il y a des écarts, on convient avec l’équipe d’actions ciblées.

  19. ClaireUne question pratique : ça prend combien de temps ?

  20. PierreL’entretien avec le patient dure environ vingt à trente minutes. La durée totale dépend du nombre de professionnels rencontrés et de la complexité du dossier.

  21. ClaireEt qui conduit l’évaluation ?

  22. PierreEn certification, c’est l’expert-visiteur. En évaluation interne, c’est un auditeur formé à la méthode, idéalement extérieur à l’équipe évaluée. On peut aussi former un binôme, un professionnel du métier avec un professionnel de la qualité.

  23. ClaireDernière question, et c’est souvent là que ça coince : les preuves. Il faut tout avoir ?

  24. PierreNon, et c’est important. Les preuves servent à répondre à l’élément d’évaluation officiel. Une preuve, ça peut être une trace du dossier, un document, un affichage, une observation directe, un résultat d’audit, ou une organisation vraiment en place. Toutes ne sont pas nécessaires en même temps : on retient celles qui sont pertinentes pour ce patient.

  25. ClaireEt si un document manque ?

  26. PierreL’absence d’un document ne suffit pas toujours à conclure à un écart, si l’élément d’évaluation n’impose pas cette traçabilité. La conclusion repose sur un faisceau d’éléments. Et c’est le point de vigilance à retenir : le dossier ne doit jamais devenir la seule source. La méthode exige de croiser le vécu du patient avec les pratiques et les éléments objectivables.

  27. ClaireMerci Pierre. Pour aller plus loin, le kit de l’auditeur Patient traceur est en téléchargement libre sur hospi-academy.com, avec le guide complet et les preuves à rechercher pour chaque élément d’évaluation.

  28. PierreEt pour préparer les équipes de façon plus ludique, rendez-vous sur HospiPlay.

  29. ClaireLa qualité nous rassemble,

  30. Pierrela sécurité du patient nous engage.

Voix de synthèse : Kokoro (voix ff_siwis, licence Apache 2.0) et Piper (modèle fr_FR upmc, licence CC BY-SA 4.0).

Simulation audio · 12 min

Un patient traceur dans le service X

Un patient traceur de A à Z : la préparation, l’entretien avec le patient, la table ronde avec l’équipe, puis la restitution. Quatre écarts se sont glissés dans la prise en charge. À vous de les repérer avant la restitution.

Thomas, auditeur interne · Monsieur Bernard, patient · Docteur Lefèvre, médecin du service · Julie, infirmière · Nadia, aide-soignante · Karim, kinésithérapeute · Marc, cadre de santé

Fiche d’écoute et corrigé (PDF)

Simulation : patient traceur

Télécharger le MP3 · 12:25 · situation et personnages fictifs

Lire la transcription (attention, elle contient la restitution)
  1. ClaireBienvenue dans les simulations Hospi-Academy. Aujourd’hui, on vous emmène dans un patient traceur, du début à la fin : la préparation, l’entretien avec le patient, la table ronde avec l’équipe, puis la restitution.

  2. ClaireLe service s’appelle simplement le service X. Il pourrait être le vôtre. La situation et les personnages sont fictifs.

  3. ClaireÉcoutez bien : quatre écarts se sont glissés dans cette prise en charge. Saurez-vous les repérer avant la restitution ?

  4. ThomasBonjour Marc. Comme convenu, nous réalisons ce matin un patient traceur dans le service X. Je viens d’un autre pôle, je ne connais pas l’équipe. C’est volontaire.

  5. MarcBonjour Thomas. Nous vous proposons Monsieur Bernard, quatre-vingt-deux ans, hospitalisé depuis huit jours après une chute à domicile. Il a une fracture du bassin qui ne nécessite pas d’opération. Il a un traitement anticoagulant, il voit le kiné tous les jours, et sa sortie se prépare.

  6. ThomasC’est un profil intéressant : un patient de plus de soixante-quinze ans, de la douleur, un traitement à risque, de la rééducation et une sortie à organiser. Le médecin est d’accord ?

  7. MarcOui, le docteur Lefèvre a donné son accord hier. Monsieur Bernard peut s’exprimer sans difficulté, il n’a pas de troubles cognitifs connus.

  8. ThomasParfait. Je vais d’abord le rencontrer seul, puis nous nous retrouverons avec l’équipe vers onze heures. Et je le redis : ce n’est pas un contrôle des personnes. On regarde la prise en charge.

  9. ThomasBonjour Monsieur Bernard. Je m’appelle Thomas. Je travaille dans l’établissement, au service qualité, mais pas dans ce service. Le docteur Lefèvre vous a parlé de ma visite ?

  10. Monsieur BernardAh oui, on m’a dit qu’un monsieur viendrait me poser des questions. Entrez, entrez.

  11. ThomasJe voudrais comprendre comment se passe votre séjour, de votre point de vue. Ce n’est pas un examen, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Ce que vous me direz reste confidentiel, et vous pouvez arrêter quand vous voulez. Vous êtes d’accord pour qu’on discute une vingtaine de minutes ?

  12. Monsieur BernardMais oui. J’ai tout mon temps, vous savez. Ici, les journées sont longues.

  13. ThomasAlors racontez-moi. Comment ça s’est passé, depuis votre arrivée ?

  14. Monsieur BernardEh bien, je suis tombé dans ma cuisine, un dimanche. C’est ma fille qui m’a trouvé par terre. Les pompiers m’ont emmené aux urgences, et puis on m’a monté ici. On m’a dit que j’avais une fêlure au bassin, et qu’il ne fallait pas opérer.

  15. ThomasEt ici, comment avez-vous été accueilli ?

  16. Monsieur BernardTrès bien. Les infirmières sont gentilles. Elles frappent avant d’entrer, elles disent leur prénom. Pour la toilette, elles ferment la porte et le rideau. Ça, j’apprécie.

  17. ThomasVous avez eu mal, depuis votre arrivée ?

  18. Monsieur BernardOh, au début, oui, beaucoup. Maintenant, ça va mieux dans la journée. Mais la nuit, c’est autre chose. Avant-hier, j’ai sonné vers deux heures du matin, j’avais très mal en me tournant. L’infirmière de nuit m’a donné un comprimé.

  19. ThomasEt ensuite ?

  20. Monsieur BernardEnsuite, je ne sais pas. Je crois que je me suis rendormi vers quatre heures. Personne ne m’a redemandé. Mais je ne voulais pas déranger, non plus.

  21. ThomasEt dans la journée, on vous demande comment vous allez, pour la douleur ?

  22. Monsieur BernardOui, oui. On me demande de donner une note, de zéro à dix. Le matin, surtout.

  23. ThomasVous prenez des traitements, ici ?

  24. Monsieur BernardDes cachets le matin, pour la tension. Ça, je les prenais déjà chez moi. Et le soir, on me fait une piqûre dans le ventre.

  25. ThomasCette piqûre, vous savez à quoi elle sert ?

  26. Monsieur BernardPour le sang, je crois. Ou pour le cœur ? Je ne sais pas trop. Je n’ai pas osé demander. En tout cas, ça me fait des bleus.

  27. ThomasQuand on vous donne un médicament ou qu’on vous fait une prise de sang, comment ça se passe ?

  28. Monsieur BernardL’infirmière regarde mon bracelet, et elle me demande mon nom et ma date de naissance. Au début, je trouvais ça bizarre, puisqu’elles me connaissent ! Mais Julie m’a expliqué que c’était pour éviter les erreurs.

  29. ThomasEt pour marcher, comment ça se passe ?

  30. Monsieur BernardAh ça, c’est Karim, le kiné. Il vient tous les matins. Au début, je ne tenais pas debout. Maintenant, je fais le couloir avec le déambulateur. Il m’a même appris à me relever si je tombe, et il m’a donné des exercices à faire dans le lit.

  31. ThomasParlons de la suite. Qu’est-ce qui est prévu pour votre sortie ?

  32. Monsieur BernardÇa, justement, je n’en sais rien. Ma fille m’a dit au téléphone qu’on parlait d’une maison de convalescence. Moi, je voudrais rentrer chez moi. Mais personne ne m’en a parlé directement.

  33. ThomasVous avez désigné une personne de confiance ?

  34. Monsieur BernardMa fille, Sylvie. J’ai signé un papier le premier jour, et elle aussi, quand elle est venue.

  35. ThomasUne dernière question. Si vous pouviez changer une seule chose, ce serait quoi ?

  36. Monsieur BernardQu’on me dise un peu plus les choses. On me soigne bien, hein. Mais parfois, on parle au-dessus de ma tête. Enfin, je ne me plains pas.

  37. ThomasMerci beaucoup, Monsieur Bernard. Ce que vous m’avez dit est très précieux. Je vais maintenant échanger avec l’équipe. Reposez-vous bien.

  38. Monsieur BernardMerci à vous, jeune homme.

  39. ClaireOnze heures, salle de réunion du service X. Autour de la table : le docteur Lefèvre, médecin du service. Julie, infirmière. Nadia, aide-soignante. Karim, kinésithérapeute. Et Marc, le cadre de santé.

  40. ThomasMerci à tous d’être là. Je rappelle le cadre : on ne cherche pas de coupable. On regarde ensemble la prise en charge de Monsieur Bernard, avec son dossier, pour voir ce qui fonctionne et ce qu’on peut améliorer. Docteur, pouvez-vous nous présenter sa prise en charge ?

  41. Docteur LefèvreBien sûr. Monsieur Bernard, quatre-vingt-deux ans, vit seul à domicile, autonome jusque-là. Chute à domicile, fracture du bassin, traitement sans chirurgie. À l’entrée, nous avons fait une évaluation globale : médicale, autonomie, risque de chute, état nutritionnel, et une évaluation sociale avec l’assistante sociale. Il a un traitement anticoagulant préventif, en injection le soir, à cause de la mobilité réduite.

  42. ThomasComment les objectifs de sa prise en charge ont-ils été définis ?

  43. Docteur LefèvreEn staff pluridisciplinaire, le jeudi. Les objectifs sont notés dans le dossier : contrôler la douleur, reprendre la marche, et préparer la sortie.

  44. ThomasQui lui a expliqué le traitement anticoagulant ?

  45. Docteur LefèvreJe lui ai annoncé la fracture et le plan de soins à l’entrée. Pour l’injection, ce sont en général les infirmières qui expliquent, au moment de la première dose.

  46. JulieLa première injection a été faite le soir de l’entrée, par l’équipe de nuit. Je pense qu’elle lui a dit que c’était pour éviter les caillots. Mais je ne vois rien de noté dans le dossier.

  47. ThomasMerci pour votre franchise. Il y a une surveillance particulière pour ce traitement ?

  48. JulieOui, une prise de sang pour les plaquettes, deux fois par semaine. C’est prescrit, et c’est fait.

  49. ThomasParlons de la douleur. Comment est-elle évaluée ?

  50. JulieÀ l’entrée, avec l’échelle numérique, il était à sept sur dix. Ensuite, on l’évalue à chaque tour, trois fois par jour, et c’est tracé dans le dossier. Il est à deux ou trois sur dix dans la journée.

  51. ThomasEt la nuit ?

  52. JulieLa nuit, il y a un antalgique prescrit si besoin. Je regarde. Oui : avant-hier, deux heures dix, paracétamol donné pour une douleur à six sur dix.

  53. ThomasEt après cette prise ?

  54. JulieIl n’y a pas de réévaluation notée. Il devait dormir au tour suivant.

  55. KarimJe peux ajouter quelque chose ? Ses douleurs de la nuit arrivent surtout au changement de position. J’ai proposé dans mes transmissions un antalgique avant la séance du matin, et un meilleur calage au lit.

  56. ThomasC’est tracé où, exactement ?

  57. KarimDans mes transmissions de kiné, dans le dossier. Est-ce que ça a été repris, je ne sais pas.

  58. Docteur LefèvreJe ne l’avais pas vu. On en parlera au staff de jeudi.

  59. ThomasKarim, comment évaluez-vous son autonomie ?

  60. KarimBilan à l’entrée, avec des tests d’équilibre et de marche, et je refais le point chaque semaine. Aujourd’hui, il marche trente mètres avec le déambulateur. On travaille aussi le relever du sol, parce qu’il vit seul. Et on a fait le point sur la prévention des chutes à la maison : les tapis, l’éclairage, les chaussures.

  61. ThomasNadia, comment se passe son quotidien ?

  62. NadiaIl est très gentil, Monsieur Bernard. Pour la toilette, on l’aide pour le bas, et le haut, il le fait seul. On le stimule, pour qu’il garde ses habitudes. Et on ferme la porte et le rideau, c’est la règle chez nous.

  63. ThomasEt quand il part pour un examen, par exemple la radio de contrôle ?

  64. NadiaMardi, c’est moi qui l’ai installé sur le brancard. Le brancardier est venu chercher « la chambre douze », je lui ai dit que c’était lui. On le connaît bien, depuis une semaine. Non, on n’a pas regardé le bracelet.

  65. ThomasEt d’habitude, comment se passent ces départs dans le service ?

  66. MarcNormalement, l’identité est vérifiée au départ, avec le bracelet, et en demandant au patient son nom. On a une procédure. Mais je vois qu’elle n’est pas toujours appliquée au moment des transports.

  67. ThomasMerci Marc. Et la sortie, où en est-on ?

  68. MarcNous avons eu un échange avec sa fille, par téléphone, lundi. Elle s’inquiète qu’il rentre seul. L’assistante sociale a lancé une demande en soins de suite, comme option.

  69. ThomasEt Monsieur Bernard, qu’en pense-t-il ?

  70. Docteur LefèvreOn ne lui a pas encore présenté. On attendait d’avoir une réponse pour la place.

  71. ThomasD’accord. Et sa personne de confiance ?

  72. JulieC’est sa fille, Sylvie. Le formulaire est dans le dossier, signé par les deux, avec son numéro de téléphone.

  73. ThomasMerci. Je prends quelques minutes pour croiser tout ça, et je reviens vers vous.

  74. ClaireÀ vous de jouer. Mettez sur pause. Quatre écarts se sont glissés dans cette prise en charge. Combien en avez-vous repérés ? Notez-les, puis écoutez la restitution.

  75. PauseÀ vous de jouer : combien d’écarts avez-vous repérés ?

  76. ThomasMerci à tous pour ces échanges très ouverts. Je commence par les points forts, et ils sont nombreux.

  77. ThomasMonsieur Bernard se sent respecté : on frappe, on se présente, on ferme la porte pour la toilette. Son identité est vérifiée avant les soins, et on lui a expliqué pourquoi. Sa rééducation est remarquable : un bilan tracé, des objectifs clairs, le travail du relever du sol et des conseils pour prévenir les chutes à la maison. Et sa personne de confiance est désignée, avec un document signé.

  78. ThomasJ’ai aussi relevé quatre écarts. Aucun ne tient à une personne en particulier.

  79. ThomasPremier écart : l’information sur le traitement. Monsieur Bernard ne sait pas à quoi sert son injection du soir, et l’information donnée n’est pas tracée.

  80. ThomasDeuxième écart : la douleur. Après l’antalgique donné la nuit, il n’y a pas eu de réévaluation. Et la proposition de Karim, en lien direct avec cette douleur, n’a pas été reprise par l’équipe.

  81. ThomasTroisième écart : l’identité au moment des transferts. Au départ pour la radio, le bracelet n’a pas été vérifié, alors que la pratique est bien en place pour les soins.

  82. ThomasQuatrième écart : la sortie. Une orientation en soins de suite est envisagée, mais Monsieur Bernard n’a pas été associé à ce choix. Il m’a dit qu’il souhaitait rentrer chez lui. Son avis doit être au cœur de son projet.

  83. MarcC’est clair. Qu’est-ce que vous nous proposez ?

  84. ThomasC’est à l’équipe de décider, mais voici quelques pistes. Un temps d’échange avec Monsieur Bernard sur sa sortie, dès cette semaine, avec sa fille s’il le souhaite. Une information sur son anticoagulant, et sa trace dans le dossier. Une réévaluation de la douleur après chaque antalgique donné si besoin, y compris la nuit. Et un rappel de la vérification d’identité au départ de chaque transfert.

  85. Docteur LefèvreJe vais le voir cet après-midi pour parler de sa sortie. C’est à lui d’en parler en premier.

  86. ThomasMerci à tous. C’est exactement l’esprit du patient traceur : partir du vécu du patient pour faire progresser toute l’équipe.

  87. ClaireAlors, combien d’écarts aviez-vous trouvés ? Le corrigé détaillé, avec les critères du référentiel concernés, accompagne cette simulation.

  88. ClaireLe kit de l’auditeur Patient traceur est en téléchargement libre sur hospi-academy.com. Et pour entraîner vos équipes à repérer les écarts, rendez-vous sur HospiPlay. La qualité nous rassemble, la sécurité du patient nous engage.

Voix de synthèse : Kokoro (voix ff_siwis et mélanges de styles, licence Apache 2.0) et Piper (modèles fr_FR upmc, licence CC BY-SA 4.0, et tom).

Qu’est-ce que la méthode du patient traceur ?

La méthode du patient traceur évalue la qualité et la sécurité de la prise en charge à partir d’un patient réel. Elle associe un échange avec le patient à l’analyse de sa prise en charge avec les professionnels qui l’accompagnent. L’auditeur croise ainsi l’expérience vécue, les pratiques décrites, les traces du dossier et les observations réalisées sur le terrain.

Ce n’est ni un contrôle individuel ni une recherche de faute. L’analyse porte sur la prise en charge, les interfaces, la coordination et la capacité de l’équipe à répondre aux besoins du patient.

Objectifs de l’évaluation

  • Recueillir le point de vue du patient sur les soins, l’information reçue et le respect de ses droits.
  • Vérifier, sur un cas réel, la mise en œuvre des pratiques attendues par le référentiel V2027.
  • Mettre en concordance le récit du patient, le dossier, les observations et les réponses des professionnels.
  • Identifier des points forts et des améliorations concrètes pour l’équipe.

Les étapes de l’évaluation

  1. 01Préparer et choisir le patient

    Définir le secteur et le profil recherché. Sélectionner un patient dont la prise en charge permet d’explorer les enjeux du service. Vérifier l’accord du médecin référent lorsque cela est requis.

  2. 02Informer et recueillir le consentement

    Présenter l’objectif, le déroulement, la confidentialité et la possibilité de refuser ou d’interrompre l’entretien. Recueillir le consentement du patient ou du représentant habilité selon la situation.

  3. 03Échanger avec le patient

    Commencer par son expérience globale, puis explorer uniquement les EE applicables à son profil. Ne pas l’interroger sur ses connaissances du référentiel et ne pas suggérer les réponses.

  4. 04Analyser avec les professionnels

    Rencontrer les professionnels impliqués, consulter le dossier et vérifier les pratiques ou organisations correspondant au même patient.

  5. 05Croiser les informations

    Comparer le récit du patient, les éléments du dossier, les observations et les explications de l’équipe. Rechercher une concordance suffisante pour répondre à chaque EE.

  6. 06Coter et restituer

    Coter l’EE à partir des faits recueillis, formuler un constat objectif, valoriser les points forts et convenir d’actions ciblées lorsque des écarts sont identifiés.

Temps de repèreEntretien avec le patient : environ 20 à 30 minutes. La durée totale dépend du nombre de professionnels rencontrés et de la complexité du dossier.
Qui conduit l’évaluation ?En certification : l’expert-visiteur. En évaluation interne : un auditeur formé à la méthode, idéalement extérieur à l’équipe évaluée ; un binôme métier-qualité peut être constitué.

Comment utiliser les éléments de preuve ?

  • Les preuves sont recherchées pour répondre à l’EE officiel, pas pour valider une formulation d’entretien.
  • Une preuve peut être une trace du dossier, un document remis, un affichage, une signalétique, une observation directe, un résultat d’audit ou une organisation effectivement déployée.
  • Toutes les preuves proposées ne sont pas nécessaires simultanément : l’auditeur retient celles qui sont pertinentes pour le patient et le contexte.
  • L’absence d’un document ne suffit pas toujours à conclure à un écart si l’EE n’impose pas cette traçabilité ; la conclusion repose sur le faisceau d’éléments recueillis.
Point de vigilanceLe dossier ne doit pas devenir la seule source. La méthode exige le croisement du vécu du patient avec les pratiques et les éléments objectivables de sa prise en charge.

Critères impératifs évalués avec ce kit

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la méthode du patient traceur ?

La méthode du patient traceur évalue la qualité et la sécurité de la prise en charge à partir d’un patient réel. Elle associe un échange avec le patient à l’analyse de sa prise en charge avec les professionnels qui l’accompagnent. L’auditeur croise ainsi l’expérience vécue, les pratiques décrites, les traces du dossier et les observations réalisées sur le terrain.

Combien de temps dure un patient traceur ?

Entretien avec le patient : environ 20 à 30 minutes. La durée totale dépend du nombre de professionnels rencontrés et de la complexité du dossier.

Qui conduit un patient traceur ?

En certification : l’expert-visiteur. En évaluation interne : un auditeur formé à la méthode, idéalement extérieur à l’équipe évaluée ; un binôme métier-qualité peut être constitué.

Secteur médico-social

En EHPAD, le patient traceur devient l’accompagné traceur

Même démarche, auprès d’un résident et de son entourage : soixante-et-un éléments d’évaluation côté résident, soixante-dix-neuf côté professionnels.

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