Cas 01 · Médecine polyvalente
Deux patients, un même nom
21 h. Une infirmière prépare l’injection d’anticoagulant prescrite à M. Bernard, chambre 12. Elle entre par erreur dans la chambre 14, où est hospitalisé un autre M. Bernard. En contrôlant le bracelet avant l’injection, elle voit que le prénom et la date de naissance ne correspondent pas. Elle s’arrête : aucune injection n’a été faite.
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- Associé aux soins : oui. L’erreur survient au cours d’un soin : c’est un événement indésirable associé aux soins, même si rien n’est arrivé au patient.
- Intercepté avant d’atteindre le patient. Le contrôle du bracelet a fonctionné : l’erreur est interceptée avant le geste. On parle de presqu’accident, ou d’événement porteur de risque. Sans dommage, la question de l’EIGS ne se pose pas.
- Qui prévenir : Déclaration interne, Identitovigilance. Un presqu’accident se déclare en interne : c’est souvent là qu’on apprend le plus, parce qu’on voit la barrière qui a tenu. Les erreurs d’identité, même interceptées, sont analysées par la cellule d’identitovigilance de l’établissement : deux homonymes dans le même service appellent une alerte homonymie. Sans dommage, pas de déclaration d’EIGS. Mais l’anticoagulant a été préparé pour le mauvais patient : c’est aussi une erreur médicamenteuse interceptée. Elle s’analyse avec la pharmacie de l’établissement, qui peut la signaler à l’ANSM : les erreurs médicamenteuses sans effet indésirable, y compris interceptées, peuvent aussi y être signalées.
- Informer le patient : Le patient n’a pas été atteint : la question n’est pas posée dans cet exercice. Selon la situation, l’équipe peut toutefois choisir de lui en parler, par transparence, par exemple s’il a vu ou entendu quelque chose de l’erreur.
À retenir. Une erreur interceptée se déclare : elle montre ce qui a protégé le patient.
Cas 02 · Soins médicaux et de réadaptation
La chute de 3 h du matin
Mme Laurent, 84 ans, est hospitalisée en rééducation après une fracture du poignet. Son risque de chute a été jugé élevé à l’entrée, et une aide au lever est prévue la nuit. Une nuit, elle se lève seule pour aller aux toilettes : la sonnette est restée hors de sa portée. L’aide-soignante la retrouve assise au sol. Le médecin l’examine le matin : pas de douleur, aucune lésion. Elle reprend sa rééducation normalement.
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- Associé aux soins : oui. Ce n’est pas le lieu qui fait le lien, c’est la prise en charge : le risque de chute était connu, une aide au lever était prévue la nuit, et la sonnette était hors de portée. La chute interroge la surveillance, l’accompagnement et l’organisation des soins : elle est associée aux soins, même sans geste technique.
- A atteint le patient, sans dommage. La patiente a chuté : elle a été atteinte. L’examen ne retrouve aucune lésion : l’événement est sans dommage, et ne peut donc pas être un EIGS.
- Qui prévenir : Déclaration interne. La déclaration interne suffit. Son analyse sert à prévenir la prochaine chute : évaluation du risque, sonnette à portée de main, éclairage, aide proposée la nuit. Aucun circuit externe ne s’applique.
- Informer le patient : oui. La patiente a été atteinte : elle est informée, avec ses proches si elle le souhaite, de ce qui s’est passé et des mesures prises. La HAS le rappelle dans sa fiche de septembre 2026 : que l’événement soit grave ou non, le patient (sa famille, ses proches, sa personne de confiance) en est informé, de préférence dans les 24 heures et sans dépasser 15 jours (critère 1.2-07).
À retenir. Sans dommage ne veut dire ni sans déclaration, ni sans information du patient.
Cas 03 · Médecine
4 ou 40 ?
La prescription d’insuline rapide, écrite à la main, indique « 4 U ». Le « U » est lu comme un zéro : 40 UI sont injectées. Deux heures plus tard, le patient est retrouvé inconscient, en hypoglycémie sévère. Il est transféré en réanimation, puis récupère sans séquelle.
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- Associé aux soins : oui. Une erreur de lecture de prescription suivie d’une administration : c’est une erreur médicamenteuse, donc un événement indésirable associé aux soins.
- A atteint le patient, avec dommage. Coma hypoglycémique et transfert en réanimation : le patient a subi un dommage.
- EIGS : oui. Le coma a mis en jeu le pronostic vital, et l’événement est inattendu au regard de l’état de santé du patient. C’est un EIGS au sens de l’article R1413-67 du code de la santé publique, même si le patient récupère sans séquelle : c’est la mise en jeu du pronostic vital qui compte, pas l’issue.
- Qui prévenir : Déclaration interne, ARS, déclaration d’EIGS, Pharmacovigilance. Déclaration interne, puis déclaration de l’EIGS à l’ARS sur le portail national de signalement : le premier volet sans délai, le second (analyse des causes et plan d’actions) dans les trois mois. Une erreur médicamenteuse qui a entraîné un effet indésirable se déclare aussi en pharmacovigilance, auprès du centre régional de pharmacovigilance.
- Informer le patient : oui. Le patient a subi un dommage : la loi impose de l’informer des circonstances et des causes, au plus tard dans les quinze jours suivant sa découverte ou la demande expresse du patient (article L1142-4). La HAS préconise de le faire de préférence dans les 24 heures.
À retenir. Récupérer sans séquelle n’efface pas l’EIGS : le pronostic vital a été engagé.
Cas 04 · Court séjour gériatrique
Une rougeur au talon
M. Petit, 79 ans, est hospitalisé pour une pneumopathie. À l’entrée, sa peau est intacte et le risque d’escarre n’est pas évalué. Au dixième jour, l’infirmière découvre une phlyctène au talon : escarre de stade 2. Elle est soignée et cicatrise en trois semaines.
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- Associé aux soins : oui. L’escarre est apparue pendant le séjour, sans évaluation du risque à l’entrée : elle est associée aux soins.
- A atteint le patient, avec dommage. Une plaie qui demande trois semaines de soins : le patient a subi un dommage.
- EIGS : non. Pas de décès, pas de mise en jeu du pronostic vital, pas de déficit fonctionnel permanent probable : la cicatrisation est attendue. Ce n’est pas un EIGS. Une escarre profonde compliquée pourrait l’être : la qualification se fait au cas par cas.
- Qui prévenir : Déclaration interne. Déclaration interne, analysée avec l’équipe : pourquoi le risque n’a-t-il pas été évalué à l’entrée ? Aucun circuit externe ne s’applique.
- Informer le patient : oui. Il y a un dommage : l’information du patient est une obligation légale, au plus tard dans les quinze jours suivant sa découverte ou la demande expresse du patient (article L1142-4). La HAS préconise de la faire de préférence dans les 24 heures.
À retenir. Avec dommage ne veut pas dire EIGS : seules trois conséquences en font un.
Cas 05 · Hall d’accueil
Glissade dans le hall
Jour de pluie. Un visiteur venu voir sa mère glisse sur le sol mouillé du hall d’entrée, où aucun panneau n’a été posé. Il se relève avec une douleur au genou, est examiné aux urgences et repart : simple contusion.
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- Associé aux soins : non. La victime n’est pas un patient et l’accident ne survient pas au cours d’une prise en charge : ce n’est pas un événement indésirable associé aux soins. C’est un événement indésirable tout court, qui touche la sécurité des personnes et des locaux. Les questions sur le patient ne s’appliquent donc pas.
- Qui prévenir : Déclaration interne. Il se déclare quand même en interne : le dispositif de déclaration couvre tous les événements, y compris ceux qui touchent les visiteurs, les professionnels ou les biens. L’analyse portera sur l’entretien des sols et la signalisation. Aucun circuit de vigilance ni d’EIGS.
À retenir. Tout ne relève pas des soins, mais tout se déclare.
Cas 06 · Cardiologie
L’alarme muette
Avant de brancher une perfusion, une infirmière teste le pousse-seringue : en clampant la tubulure, l’alarme d’occlusion ne se déclenche pas. Elle met l’appareil de côté, l’étiquette « ne pas utiliser » et en prend un autre. Le patient n’a jamais été branché sur l’appareil défaillant.
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- Associé aux soins : oui. Le défaut est découvert pendant la préparation d’un soin : l’événement est associé aux soins.
- Intercepté avant d’atteindre le patient. Le patient n’a jamais été branché : l’événement est intercepté avant de l’atteindre. C’est un presqu’accident.
- Qui prévenir : Déclaration interne, Matériovigilance. Déclaration interne, et matériovigilance : le dysfonctionnement d’un dispositif médical qui aurait pu entraîner un dommage est un risque d’incident. Il se signale au correspondant local de matériovigilance, qui juge de la déclaration à l’ANSM. L’appareil est conservé en l’état pour l’expertise, sans être réparé ni renvoyé.
- Informer le patient : Le patient n’a pas été atteint : la question n’est pas posée dans cet exercice. Selon la situation, l’équipe peut toutefois choisir de lui en parler, par transparence, par exemple s’il a vu ou entendu quelque chose de l’erreur.
À retenir. Un dispositif défaillant se met de côté, se conserve et se signale, même si personne n’a été touché.
Cas 07 · Chirurgie digestive
Fièvre sur cathéter
Une patiente porteuse d’un cathéter veineux central depuis huit jours présente une fièvre à 39 °C. Les hémocultures et la culture du cathéter retrouvent le même staphylocoque à coagulase négative, sensible aux antibiotiques usuels. Le cathéter est retiré, un traitement est débuté et l’évolution est favorable.
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- Associé aux soins : oui. Une infection liée à un cathéter est une infection associée aux soins : c’est un événement indésirable associé aux soins.
- A atteint le patient, avec dommage. Bactériémie, retrait du cathéter et antibiotiques : la patiente a subi un dommage.
- EIGS : non. Évolution favorable, sans mise en jeu du pronostic vital : ce n’est pas un EIGS. Un choc septique aurait changé la qualification.
- Qui prévenir : Déclaration interne. Déclaration interne, analysée avec l’équipe opérationnelle d’hygiène. Le signalement e-SIN, adressé en même temps au CPias et à l’ARS, concerne les infections nosocomiales qui répondent aux critères réglementaires : caractère rare ou particulier (micro-organisme, résistance, localisation, dispositif médical), décès lié à l’infection, suspicion de transmission par l’eau ou l’air, maladie à déclaration obligatoire. Une bactériémie sur cathéter à germe sensible, d’évolution favorable, n’en relève pas en général : c’est l’équipe d’hygiène qui en juge. Cocher e-SIN n’est donc pas compté faux.
- Informer le patient : oui. Il y a un dommage : l’information de la patiente est une obligation légale, au plus tard dans les quinze jours suivant sa découverte ou la demande expresse de la patiente (article L1142-4). La HAS préconise de la faire de préférence dans les 24 heures.
À retenir. Une infection associée aux soins est un événement indésirable ; e-SIN, seulement selon les critères.
Cas 08 · Hématologie
Frissons pendant la transfusion
Trente minutes après le début de la transfusion d’un concentré de globules rouges, un patient présente des frissons et une fièvre à 38,8 °C. L’infirmière arrête la transfusion, prévient le médecin et applique la conduite à tenir. Les contrôles écartent une incompatibilité. La fièvre cède en quelques heures.
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- Associé aux soins : oui. Un effet indésirable survenu pendant une transfusion est associé aux soins.
- A atteint le patient, avec dommage. Fièvre et frissons sont des conséquences pour le patient, même passagères : il a été atteint, avec un dommage transitoire, sans critère de gravité identifié. Le dommage ne suppose pas de séquelle durable.
- EIGS : non. Réaction résolutive en quelques heures, sans mise en jeu du pronostic vital : ce n’est pas un EIGS.
- Qui prévenir : Hémovigilance. Tout effet indésirable survenu chez un receveur de produits sanguins se signale au correspondant d’hémovigilance de l’établissement, sans délai et au plus tard dans les huit heures. C’est lui qui déclare dans le système national d’hémovigilance. La déclaration interne, selon l’organisation de l’établissement, est acceptée en plus.
- Informer le patient : oui. Le patient a été atteint : il est informé de la réaction, de ses conséquences prévisibles et des mesures prises. Que l’événement soit grave ou non, la HAS demande cette information de préférence dans les 24 heures, sans dépasser 15 jours (critère 1.2-07).
À retenir. Toute réaction chez un transfusé se signale à l’hémovigilance, au plus tard dans les huit heures.
Cas 09 · Chirurgie digestive
La douleur de la nuit
Deuxième jour après une chirurgie du côlon. La nuit, le patient se plaint d’une douleur abdominale qui augmente. Elle est cotée 7 sur 10 dans le dossier, mais ni l’interne ni le chirurgien de garde ne sont appelés. Au matin, le patient est en choc septique : fuite de l’anastomose. Il est réopéré en urgence, puis hospitalisé en réanimation.
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- Associé aux soins : oui. La fuite d’anastomose est une complication connue de cette chirurgie. Ce qui fait l’événement indésirable, c’est le retard d’alerte : une douleur cotée 7 sur 10 sans appel médical.
- A atteint le patient, avec dommage. Choc septique, reprise chirurgicale, réanimation : le dommage est majeur.
- EIGS : oui. Le pronostic vital a été mis en jeu, et un retard d’alerte n’est pas attendu dans une prise en charge normale. À déclarer comme EIGS : l’analyse des causes dira quelle part le retard a eue. Dans le doute, la déclaration est préférable.
- Qui prévenir : Déclaration interne, ARS, déclaration d’EIGS. Déclaration interne, puis déclaration de l’EIGS à l’ARS sur le portail national : premier volet sans délai, second volet avec l’analyse des causes et le plan d’actions dans les trois mois. Aucun produit de santé ni dispositif en cause : pas de vigilance sanitaire.
- Informer le patient : oui. Dommage grave : l’information est due au patient et, s’il le souhaite, à ses proches, au plus tard dans les quinze jours suivant sa découverte ou la demande expresse du patient (article L1142-4). La HAS préconise de la faire de préférence dans les 24 heures.
À retenir. Une complication connue peut cacher un EIGS : regardez ce qui a retardé la réponse.
Cas 10 · Court séjour gériatrique
Retrouvé au parking
M. Moreau, 86 ans, désorienté, n’est plus dans sa chambre au tour de 16 h. L’alerte est donnée. Un agent de sécurité le retrouve vingt minutes plus tard sur le parking, en pyjama, calme et sans blessure. Il est raccompagné dans le service.
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- Associé aux soins : oui. La disparition survient pendant l’hospitalisation d’un patient dont la vulnérabilité est connue : c’est un événement indésirable associé aux soins.
- A atteint le patient, sans dommage. Le patient a quitté le service sans être vu : il a été exposé. Il est retrouvé sans blessure : l’événement est sans dommage, et ne peut donc pas être un EIGS.
- Qui prévenir : Déclaration interne. Déclaration interne. L’analyse portera sur l’évaluation du risque de sortie à l’insu du service, la surveillance et les accès. Pas de circuit externe : aucun critère d’EIGS, et aucun produit de santé ni dispositif en cause.
- Informer le patient : oui. Le patient a été atteint : il est informé, avec ses proches ou sa personne de confiance selon la situation, de ce qui s’est passé et des mesures prises, de préférence dans les 24 heures et sans dépasser 15 jours (critère 1.2-07).
À retenir. Retrouvé sain et sauf, l’événement compte quand même.
Exercice pédagogique, à partir du code de la santé publique, du référentiel HAS V2027, des publications de la HAS sur les événements indésirables (2026) et des pages officielles de l’ANSM et de Santé publique France. Il ne remplace pas la procédure de votre établissement, qui précise la fiche de déclaration, les correspondants et les délais internes. Aucune donnée n’est collectée : votre progression reste dans votre navigateur.